En Afrique du Sud, une partie des comptes de Jacob Zuma gelés

Suspendu de l’ANC en janvier dernier, l’ancien chef de l’État est rattrapé par le scandale de la rénovation de son fief de Nkandla. Il avait été condamné à rembourser 480 000 euros.

La maison de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma à Nkandla, KwaZulu-Natal, le 3 juillet 2021. © Emmanuel Croset / AFP

La maison de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma à Nkandla, KwaZulu-Natal, le 3 juillet 2021. © Emmanuel Croset / AFP

Publié le 20 mars 2024 Lecture : 2 minutes.

Les comptes bancaires de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma ont été partiellement gelés après une décision de justice dans le cadre d’une affaire autour du financement de travaux dans sa propriété après son élection en 2009, a-t-on appris auprès de sa banque. « La FNB [First National Bank] a reçu l’ordre de la Haute cour de suspendre les paiements sortant des comptes FNB de l’ancien président Zuma. Les comptes ne sont pas fermés car les paiements entrants ne sont pas affectés », a indiqué à l’AFP la banque par email. Zuma peut saisir la justice pour contester cette décision, a précisé la FNB.

Une piscine pour lutter contre les risques d’incendie

Fraîchement élu président, Jacob Zuma s’était lancé dans la rénovation de son fief de Nkandla, dans la campagne zouloue pour de lourdes sommes. Invoquant la nécessité de travaux pour sa sécurité en tant que chef d’État, il avait inscrit dans la liste des rénovations la création d’une piscine, censée lutter contre les risques d’incendie, ainsi que la construction d’un poulailler et d’un enclos à bétail.

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Jugeant que ces travaux n’étaient en rien liés à des questions de sécurité, l’opposition avait saisi la Cour constitutionnelle. Celle-ci a condamné l’ancien président à rembourser l’équivalent de 480 000 euros, un épisode largement cité par ses détracteurs pour réclamer plus tard sa destitution. Jacob Zuma a été poussé à la démission en 2018, sur fond de multiples scandales.

Les travaux auraient été financés par le biais d’un prêt contracté auprès de la banque sud-africaine VBS Mutual Bank, selon la presse locale. Mais cette banque ayant mis la clef sous la porte et été placée sous curatelle en 2018, ruinée par la fraude et le pillage de ses dépôts, le conflit tournerait désormais autour du montant du prêt encore à rembourser.

L’ANC menacée dans les urnes

Cette affaire ressurgit à un peu plus de deux mois d’élections générales qui s’annoncent tendues. Les Sud-Africains doivent renouveler le 29 mai leur Parlement, qui désignera ensuite le prochain président.

Selon les enquêtes d’opinion, l’ANC au pouvoir depuis la fin de l’apartheid risque pour la première fois en trente ans, dans un contexte socio-économique morose et de mécontentement grandissant, de perdre sa majorité absolue. Ancien pilier du Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma fait campagne pour un petit parti radical baptisé Umkhonto We Sizwe (MK), récemment créé, et après avoir été suspendu de l’ANC fin janvier.

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(Avec AFP)

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